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Les approches anti-oppressions: comme télécharger la mise à jour

  • genevievemorand
  • 15 janv. 2021
  • 2 min de lecture

Nous détestons tous cet avertissement qu'une mise à jour est nécessaire. Cela oblige notre ordinateur à redémarrer, suspend nos activités régulières, prend du temps. Mais après, la mise à jour est faite et nos activités peuvent reprendre avec le nouveau système et les nouvelles fonctionnalités. Que se passe-t-il si nous résistons à faire notre mise à jour? Un jour, notre version du système ne sera plus supportée, et nos outils ne pourront plus communiquer avec ceux des autres.


Un jour, nous avons abandonné nos fax et nos pagettes.


De plus en plus d'organismes mettent des approches anti-oppressions en place. Des voix s'élèvent pour que le gouvernement reconnaisse l'aspect systémique du racisme, des scandales éclatent. Les inégalités raciales et de genre sont discutées dans les médias. Au sein des organismes, je vois de plus en plus d'équipes décrier les oppressions et micro-agressions vécues dans leur milieu de travail. Des crises internes éclatent pour ces raisons.


Une mise à jour s'impose. Un changement de culture.


Mon passage à la Fédération des femmes du Québec (FFQ) puis au Regroupement Québécois des Centres d'Aide et de Lutte contre les Agressions à Caractère Sexuel (RQCALACS) m'ont permis de continuer à me former dans les approches anti-oppressives. Une formation qui a avait débuté lors de mon certificat en études féministes fait en partie à l'UQAM et en partie à Concordia. C'est au Simone de Beauvoir Institute de Concordia que j'ai suivi un cours renversant sur la Whiteness. Il était question de comment s'est construite la suprématie blanche. C'était la première fois de ma vie que je voyais ma blancheur. Que j'ai commencé à prendre conscience de mes privilèges. Une affaire dont on ne m'avait jamais parlé avant, dont on parle partout maintenant.


Instaurer un changement de culture n'est jamais facile. Prendre conscience de ses privilèges et de ses biais inconscients est très confrontant. C'est un exercice qui demande beaucoup d'humilité. L'humilité d'avoir à désapprendre des construits sociaux. Comme apprendre une nouvelle langue. Cela peut être vulnérabilisant, d'où les résistances souvent rencontrées. Et cela ne peut se limiter à l'équipe: c'est tout le C.A. qui doit aussi être formé en approche anti-oppressive intersectionnelle, parce que c'est à partir de là que se prennent les décisions et que se crée la culture organisationnelle. Cela doit percoler dans l'ensemble des outils et processus, dans les manières de faire, et même, de penser.


J'ai un jour pris conscience de mes biais lors des processus d'embauche: je favorisais des femmes blanches qui avaient un parcours similaire au mien, des candidatures avec qui je pouvais relate. C'est un processus mental normal, dur à déconstruire, mais il est possible de modifier les processus d'embauche pour le contrecarrer explicitement. Une fois que ces choses invisibles sont rendues visibles. Une fois que les lunettes anti-oppression sont portées.


Des formations existent, de l'accompagnement aussi, les outils sont là, disponibles.


Ce n'est pas une mise à jour facile, donc. Cela prend du temps, des processus collectifs, du travail. Cela demande de mettre en place ou réviser les outils et processus et les façons de faire. Cela demande de la réflexivité. D'être à l'écoute. De recevoir la critique.

Mais si nous refusons sans cesse de la télécharger alors que les autres se mettent à niveau, un jour l'organisation paraîtra désuète et cessera de fonctionner.

 
 
 

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